Le Dircab Vital dit au prévenu Kamerhe : « Demandez au juge pourquoi je suis là ? »

Le Dircab Vital dit  au prévenu Kamerhe :  « Demandez au juge pourquoi je suis là ? »

Le « procès de cent jours », appelé aussi « procès Vital Kamerhe » qui se déroule aujourd’hui au Centre Pénitentiaire de Rééducation de Kinshasa (CPRK) ne manquera jamais de laisser ses traces dans les i annales de la justice congolaise en particulier et dans l’histoire politique de la RDC en général.

Sa particularité tient même à la personnalité de l’homme autour duquel il  orbite. Vital Kamerhe, Directeur de Cabinet d’un Chef d’Etat en fonction en République Démocratique du Congo est interpellé et mis en prison par la justice pour un détournement présumé des déniés publics dans le cadre de l’exécution d’un projet particulier appelé « Programme d’urgence pour les 100 premiers jours du Président Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo » qui avait comme objectif de prouver  aux yeux de l’opinion publique congolaise, en un rien de temps, la volonté du nouveau régime de mettre en exergue le volet social dans sa mode de gouvernance.

Il se fait qu’aux yeux de la justice, l’exécution de ce programme est entachée de plusieurs irrégularités, aussi bien dans sa forme (parce que n’ayant pas respecté, selon elle, la ligne tracée par le législateur congolais en matière de la passation du marché publique), que dans le fond (où il ya des soupçons sur l’évaporation fonds alloués à son exécution).

Déjà à ce niveau, une première question peut être posée : «  Qui est le plaignant contre vital Kamerhe, considérant que ledit programme est celui du Président de la République ? ».

En date du 08 avril 2020, Vital Kamerhe avait été invité au Parquet Général de la cour d’appel de Kinshasa-Matete où il était auditionné durant plus de 6 heures sur le programme de 100 jours. Au terme de cette audition, le Procureur avait émis un mandat d’arrêt provisoire contre sa personne avant de l’acheminer à la prison de Makala. 

Le 11 mai 2020, le procès qui est qualifié également du siècle par beaucoup des kinois, s’est ouvert sous les objectifs des caméras de la télévision nationale et le publique congolais très nombreux devant leurs petits écrans à découvert en live le prisonnier Kamerhe vêtu de jaune et bleu (Couleur traditionnelle de la tenue vestimentaire des prisonniers congolais en RDC) et d’un un t-shirt blanc à l’intérieur, laissant voir un chapelet de la religion catholique. Dès ce premier jour, les rues de la capitale et celles des provinces étaient en ébullition découvrant un Kamerhe très défensif, axant la stratégie de sa défense sur pièce contre pièce. Il dit toujours : « Oppose moi mes écrits, je vous opposerai les écrits des autres ».

À plusieurs reprises, le prévenu Kamerhe a demandé à la cour une mise en liberté provisoire, au regard du fait que sa fuite n’est pas à craindre,  surtout dans ce contexte particulier où toutes les frontières du monde (y compris celle de la République Démocratique du Congo) sont fermées à cause de la maladie à corona virus, dite Covid-19. Cette demande n’a jamais trouvé une suite favorable jusqu’au moment où nous couchons ces lignes. 

Directement, ou par l’entremise de ses avocats, il demande souvent au Juge, et à travers sa personne, à la cour qu’on lui dise exactement pourquoi il se retrouve devant la barre. 

Cette question à répétition qui suscite beaucoup d’interrogations auprès de l’opinion intellectuelle, a poussé la rédaction de votre magazine de faire plusieurs analyses à l’issue desquelles elle a choisi ce style particulier comme titre de cet article : le Dircab Vital dit  au prévenu Kamerhe : « Demandez au juge pourquoi je suis là ? »

En effet, comme Directeur de Cabinet d’un chef d’Etat, Vital Kamerhe n’a aucune responsabilité officielle dans ce pays et il demande à l’homme à la barbe blanche, vedette du procès de 100 jours, de s’informer publiquement auprès du juge pourquoi c’est lui qui doit comparaître ?

Ce qui se passe certainement dans  la tête de Vital Kamerhe

Dans la tête du détenu Kamerhe, les idées se bousculent avec beaucoup de vitesse, lui faisant penser à sa grandeur forgée depuis plusieurs années qui est en train de s’effondre comme un château des cartes, là où il estime qu’il n’ya rien qui peut justifier cet effondrement en réalité:

  • Moi Vital Kamerhe connu notoirement comme un pacificateur dans mon pays, la RDC ?
  • Moi Vital Kamerhe Président de l’Union pour la Nation Congolaise et, deux fois candidat Président de la République ?
  • Moi Vital Kamerhe allié de l’UDPS pour soutenir la candidature de Felix Tshisekedi à la magistrature suprême en 2018 ?
  • Moi Vital Kamerhe Directeur de Campagne de Felix Tshisekedi ?
  • Moi Vital Kamerhe Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat ?
  • Moi Vital Kamerhe superviseur de bonne foi, et pour la bonne cause, du programme d’urgence de 100 jours du Président Felix Tshisekedi ?
  • Moi Vital Kamerhe,…

Devoir de mémoire

Arrivé au pouvoir avec son allié politique Vital Kamerhe le 28 décembre 2018, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo avait aussitôt pris ses quartiers dans les belles villas de la cité de l’OUA, en attendant les formalités politiques  d’usage, pour commencer à sortir les premiers effets de sa gouvernance axée principalement sur le social, au regard du slogan de son parti l’UDPS, ‘’le peuple d’abord !’’

A l’image de la nouvelle  architecture politique prédominante en RDC aux termes des élections de 2018, le Front Commun pour le Congo(FCC) avait raflé le maximum des postes possibles aux législatives et locales, se rendant ainsi maître de double demeures, au sein de l’organe législatif national  de la RDC (Majorité des Sénateurs et des Députés.)

La partie ne devait pas ainsi être aisée pour le nouveau Président qui, dépourvu de cette précieuse majorité, se verra obligé de coaliser avec cette machine politique qu’est le FCC, pour produire un Gouvernent consensuel.

Les personnes averties de la scène politique congolaise savent très bien que pareilles tractations prennent souvent du temps pour arriver au bout, d’où la nécessité pour les nouveaux dirigeants du pays d’imaginer des stratégies pour combler en attendant le vide de la gestion du pays, surtout pour redonner de l’espoir au peuple congolais, impatient. Il fallait donc faire quelque chose en urgence.

C’est dans ce contexte précis où le Gouvernement en place était réputé démissionnaire suite à l’existence désormais d’une nouvelle assemblée nationale, que le programme d’urgence des 100 jours avait été initié par le Président de la République Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, reprenant en gros plusieurs projets initiés par l’ancien gouvernement mais non exécutés. 

Ce programme qui avait touché plusieurs secteurs de la vie nationale,  été coordonné par Monsieur Vital Kamerhe son Directeur de Cabinet, dans le cadre d’une supervision dont plusieurs témoins ont nié l’existence d’une vraie équipe durant le procès.  

A cause d’une léthargie observée lors de l’exécution des différents projets, notamment celui de la construction de sauts-de-mouton dans la ville de Kinshasa, la population a commencé à exprimer son ras-le-bol, ouvrant ainsi la brèche à des nombreuses critiques de tous bords sur l’exécution de ce programme. 

Etant donné qu’il n’est pas indiqué pour un media de faire des commentaires sur des dossiers en instruction en justice, nous promettons à nos lecteurs d’y revenir largement au terme de ce procès de 100 jours dans une édition spéciale.

Jean-Luc Nyembo

Crédit photo tiers

Droit à la vérité

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