Kodravele Andati Mike résume le mandat de Dr. Jean-Pierre Lola Kisanga à la tête de la Province du Haut-Uélé

Kodravele  Andati Mike résume le mandat de  Dr. Jean-Pierre Lola Kisanga à la tête de la Province du Haut-Uélé

Interview exclusive

  1. Monsieur KODRAVELE ANDATI Mike, vous avez été le plus jeune Directeur de Cabinet d’un Gouverneur de Province en RDC de Mars 2016 à Avril 2019. Qui êtes-vous et pourquoi seulement aux cotés de Dr LOLA KISANGA ?

Né à Lubumbashi, dans l’ex Région du Shaba sous le Zaïre, KODRAVELE ANDATI Mike, qui vous parle, est le douzième enfant d’une famille nombreuse qui est la seule à porter le nom d’un Cheminot oublié de la RDC, feu Papa KODRAVELE KAMBA Philippe. Qualifié en Management des Entreprises et Communicologue polyglotte certes, mais je suis aussi et surtout technocrate polyvalent, et pas autodidacte.

Je sais passer de mon amour pour les avions dont je m’entraine déjà à piloter certains types, à la conception des programmes multisectoriels de gouvernance ponctués des projets de développement susceptibles de transformer le microcosme de la société que je côtoie. C’est dans ce penchant que j’ai consenti à œuvrer auprès de l’ex Gouverneur de la Province du Haut-Uélé, aujourd’hui redevenu Sénateur, fonction qu’il exerça de 2007 à 2016 comme Rapporteur Adjoint du Senat aux cotés des grands noms tels que Kengo Wa Dondo, Edouard Mokolo Wa Pombo, Mario-Philippe Losembe, Mabi Mulumba, Bo Boliko Lokonga, Tshimbombo Mukuna et les autres. Il a fini son mandat au bureau du Senat et membre plusieurs organisations et institutions parlementaires régionales et internationales, avec un certain Kodravele Mike comme Chef de Cabinet.

J’ai beaucoup appris à ses côtés au Senat, fort de son expérience précédente comme plusieurs fois ministre au Gouvernement de la République et Gouverneur de l’ex Province Orientale pendant le « un plus quatre ». Pourquoi seulement lui, vous dites ? Parce que c’est un homme plutôt humble et abordable, bien que charismatique et extrêmement pointu sur les détails de ses réalisations, capable de transformer des pierres en or, sans pour autant museler la fertilité d’esprit d’un collaborateur. Comme motivation, il n’y a pas mieux.

  1. Dr LOLA KISANGA, trois ans à la tête de la Province du Haut-Uélé. Etes-vous satisfait de son bilan ? 

Non, pas satisfait mais fier. Pourquoi ? J’aurais été satisfait si son programme multisectoriel de gouvernance et de développement était achevé ; ce qui était impossible à faire en trois ans pour un programme dont les réalisations à long terme s’étalent sur les vingt prochaines années, alors que le mandat de cinq ans du Gouverneur a été écourté à seulement trois, par la force des choses. 

  1. Et pourquoi ne pas programmer les actions en fonction de la durée constitutionnelle du mandat qui est de cinq ans ?

Ceci serait inutile pour un simple espace géographique ou tout était à commencer à zéro : Plus de routes nationales ni provinciales, moins encore de desserte agricole depuis plus de 30 ans ; un aéroport national d’Isiro-Matari vétuste et disqualifié aux vol des avions IOSA comme Congo Airways ; plus d’eau dans les robinets depuis plusieurs années ; un territoire occupé par la rébellion ougandaise LRA, les ex-seleka et les anti-balaka venus de la République Centrafricaine, les braconniers internationaux dans le parc de la Garamba et les coupeurs des routes innombrables ; l’invasion des éleveurs nomades Mbororo venus de 7 pays différents avec plus de 18.000 têtes de bétails ; une ligne de chef de fer désuète ; Plus de courant électrique ni la desserte en eau potable depuis plus de 20 ans ; Une province clairsemée par police et les forces armées sous équipées en face d’une menaçante guerre au Soudan du Sud voisin ; aucune infrastructure pour abriter les nouvelles institutions provinciales ; aucun service public provincial en dehors des services déconcentrés ; le sac de ciment de 50kg à 55 dollars américains ; pas de morgue ; pas de station de télévision ; aucune trace de la glorieuse période de l’or vert, comme on appelait le café ; plus d’exploitation industrielle de l’or  par la société nationale de Kilo-Moto ; que 6 voitures dans la ville d’Isiro etc. Pensez-vous prétendre résoudre un tel diagnostic en 3 ans ? Mais étant donné que la relance économique de la province est tributaire de tout ceci, LOLA KISANGA ne devait que concevoir un programme global incluant la résolution de l’équation à court, moyen et long terme, dans le sens de baliser le chemin à tous ses successeurs. Mais, comme je le disais, je suis seulement fier de ses réalisations.

Q Lesquelles ? Et par où commencer ?

Tout d’abord, les Institutions Provinciales qu’il fallait créer et installer : L’Assemblée provinciale a vu le jour avant l’élection du Gouverneur ; avec raison car ce sont les députés provinciaux qui élisent. Procéder à la prise d’arme avec les forces de défense et de sécurité, ensuite d’abord concevoir le programme du Gouvernement provincial, le faire adopter par les élus, nommer les ministres provinciaux et les installer, nommer la Cabinet du Gouverneur et ceux des ministres, ainsi que le Secrétariat Exécutif, la création d’un cadre de concertation entre l’Exécutif Provincial et les Confessions religieuses, en tant qu’ASBL, pour la moralisation de la vie publique, concevoir et présenter le tout premier Edit budgétaire, concevoir et créer la toute première fonction publique provinciale, duquel emmargerait la toute première Direction Générale des recettes provinciales, imprimer les imprimés de valeur, installer les premières banques (BCDC et Rawbank), commander les premiers véhicules de fonction pour tous les animateurs des institutions provinciales, doter l’aéroport de matériels d’assistance et de guidage au sol ainsi que des camions anti-incendie, former les équipes recrutées pour le service des pompiers de la RVA, obtenir un bureau et des agents à former pour Congo Airways qui a 3 vols par semaine à Isiro, relancer le courant en dotant le chef-lieu de la province de 1,5 MWT ne fut-ce que pour la consommation domestique, avec des factures aux abonnes chaque fin du mois, de même pour la REGIDESO. Bref, nous étions devenus tout pour nous même, sans regarder Kinshasa mais avec les autorisations nécessaires du Gouvernement central, des entreprises publiques et des services publics concernés. Mais on est allé plus loin dans le domaine de la sécurité et de la défense nationale.

  1. Comment avez-vous justement résolu la problématique des effectifs de la Police et des FARDC, parce que ce domaine est de la compétence exclusive du pouvoir central ?

Et les routes nationales 25 que nous avons réhabilitée sur fonds propre n’est-elle pas de la compétence exclusive de Kinshasa via l’Office des Routes ? Ça fait 30 ans que le Haut-Uélé a attendu le Gouvernement. L’ancien président de la république Joseph Kabila connait la douleur de ces routes pour y avoir aussi trimé. Quid de la RVA et de la SNEL ? Non, la conception du pouvoir public par le Docteur LOLA est holistique et non pas sectorielle. Le Gouverneur n’est-il pas le représentant constitutionnel du Chef de l’Etat en province ? La précaution est simplement d’obtenir toutes les dérogations nécessaires et ensuite agir. A propos, revenant sur la Police, le Gouverneur a ouvert, sur fonds propre, « l’Ecole de police General SABITI » à Isiro, du nom du Commissaire Provincial, pour former les jeunes gens du Haut-Uélé et du Bas-Uélé. Isiro vient d’accueillir 500 nouveaux policiers. La fanfare neuve remise à la Police a définitivement exonéré l’Eglise Kimbaguiste lors des manifestations officielles.

S’agissant des FARDC, la zone opérationnelle de l’Uélé sous le commandement du General Kisebwe a aussi bénéficié de l’appui logistique et financier de la province. En septembre 2016, le Gouvernement provincial a signé conjointement avec les Entreprises minières Kibali Gold Mines et SOKIMO, aux côtés de la Société civile et des coopératives minières artisanales, un acte d’engagement pour la paix et le développement du Territoire de Watsa afin de mettre fin jusqu’à ce jour aux troubles à l’ordre public dus aux malentendus sociaux des populations riveraines à l’investissement RAND GOLD RESSOURCES. Pour plus d’efficacité, votre Gouvernement provincial avait mis en place une administration renforcée ainsi qu’un Etat-Major avancé basés à Watsa qui prennent également en charge les Territoires de Dungu et Faradje.

  1. Et ou avez-vous trouve l’argent pour réaliser tout ceci en 3 ans ?

On a crevé la cervelle. Tenez, le premier mois de notre gestion, avril 2016, toute la recette provinciale ne donna que 7.000 dollars américains. Je dis bien sept mille, alors que nous sommes une province minière, première productrice de l’or en Afrique avec la société Kibali Goldmines aujourd’hui devenu Barrick.

  1. Et pourquoi ce contraste ?

Justement ! Il faut savoir que Kibali n’est pas une entreprise nationale. La République ne dispose que de 10% de part, à travers la SOKIMO, la nationale de l’or qui ne produit rien. Nous sommes arrivés dans le Haut-Uélé sous le régime de l’ancien Code minier, par lequel la province devait attendre une redevance minière payée d’abord à Kinshasa, pour ensuite être rétrocédée à hauteur de seulement 300.000 dollars par mois, et quand c’était possible. Entre temps, la population n’avait plus de patience pour ses besoins en électricité, en eau potable, en routes, en sécurité etc. De toute façon, personne n’avait demandé à Jean-Pierre LOLA de devenir Gouverneur. Donc on devait s’assumer. Alors, après avoir mis en place les institutions provinciales et restauré la sécurité, on s’est attaqué à la mise en place d’instruments de maximisation des recettes propres, la DGRHU et la chaine de la Dépense. Ainsi, il était devenu possible d’engager des projets plus visibles, s’agissant notamment de la bancarisation du personnel relevant de l’Exécutif et des services provinciaux, soit une paie mensuelle touchant 800 emplois directs dans la province. Imaginez l’effet positif que cela a dû avoir sur l’économie locale. De 77 milliards de Francs Congolais de l’Edit Budgétaire exercice 2016, nous sommes passés à 96 milliards de Francs Congolais en 2018. Ceci après avoir travaillé dur à l’amélioration et la stabilisation de la structure des prix des produits manufacturés de base grâce au désenclavement progressif de la ville d’Isiro, ce qui a entrainé l’intensification des échanges commerciaux entre la Province et les différents centres commerciaux les plus proches (Ariwara, Aru, Bunia, Béni, Butembo et Kisangani) etc. L’analyse de ces données dénote que les prévisions budgétaires de la Province du Haut-Uele de 2016 à 2018 ont connu une évolution positive avec un accroissement constaté à l’exercice 2017 par rapport à celui de 2016, soit un taux d’accroissement de 19,82% ; ce qui représente une augmentation de 15 308 808 286,01 FC. En revanche, le budget de l’exercice 2018 a connu une légère évolution par rapport à celui de 2017, soit 3,98% de taux d’accroissement ; ce qui donne un montant de 3 682 940 839,26 FC.

 

S’agissant des recettes propres de la Province du Haut-Uele des exercices 2016 à 2018, nous sommes arrivés à des constats encourageants. Par exemple, comparées aux prévisions des recettes propres de l’exercice 2016, les recettes réalisées étaient de l’ordre FC 1 881 247 732,64, soit 32,85%. Cette contreperformance s’explique du fait de coulage des recettes et de la non-restructuration de l’ancienne Régie Financière provinciale issue de l’ex-Province Orientale.

En 2017, sur une prévision de FC 7 679 115 949,56, la Province a réalisé les recettes de l’ordre de FC 4 804 955 711,66, soit 62,57%. Cet accroissement est lié à la création d’une nouvelle Régie Financière Provinciale. Les recettes réalisées au cours de l’exercice 2018 s’élèvent à FC 14 983 484 271,55 contre une prévision de 13 370 557 416,82, soit un taux de réalisation de 112,06%. Cette performance se justifie par plusieurs facteurs, notamment l’enracinement de la restructuration de la Régie Financière, la formation des Cadres et Agents, le suivi permanent exercé auprès de la Régie financière ainsi que la retenue à la source de la redevance minière conformément à la Loi N°007/2002 du 11 juillet 2002 portant CODE MINIER, telle que modifiée et complétée par la Loi n°18/001 du 09 mars 2018, spécialement en ses articles 241 bis et 242 relatifs respectivement aux modalités de recouvrement et répartition de la redevance minière ; ainsi qu’à celles du Décret n°038/2003 du 26 mars 2003 portant REGLEMENT MINIER tel que modifié et complété par le Décret n°18/024 du 8 juin 2018, spécialement en ses articles 40 et 526 relatifs respectivement au recouvrement et répartition de la redevance minière.

  1. Mais devant une telle performance qu’on qualifierait d’inégalée, l’on se pose la question de savoir pourquoi Docteur LOLA KISANGA n’a-t-il pas été reconduit lors des élections des Gouverneurs d’avril 2019 ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Pourquoi cette sanction négative de la population ?

Déjà je rectifie. Ce n’est pas la population qui a élu les gouverneurs. C’est une élection indirecte avec ses corollaires. Par ailleurs, moi je ne suis pas politicien, je ne suis pas du Regroupement Politique du Docteur Lola Kisanga. C’est donc à la nouvelle génération des députés provinciaux qu’il faut poser la question.

  1. Mais alors quelles sont les chances d’émergence du Haut-Uélé ? L’avenir n’est-elle pas sombre ?

Moi je dis non. L’avenir du Haut-Uélé est prometteur. Tout dépendra de l’approche de la nouvelle équipe, à qui je souhaite en passant bon vent. Déjà avant notre départ de là, nous avons laissé des grands projets en préparation, avec la coopération chinoise, parce que, justement, nous avions actionné un levier important de la diplomatie réservée aux provinces. Il s’agit de la coopération décentralisée. Au moment où je vous parle, le Haut-Uélé est bénéficiaire d’un protocole d’accord avec le Fonds de Développement Chine-Afrique, une sorte de FPI à l’internationale de la Chine exclusivement au services des pays africains. Nous avons aligné quatre secteur d’investissement : Les mines, l’agriculture, les infrastructures et l’énergie. S’agissant de l’énergie, la société nationale de chine dénommée POWER CHINA est chargée de mener les études de faisabilité pour la construction du barrage hydroélectrique de Nadumbe chez nous, pour une capacité énergétique estimée à 140 MWT. Mais en attendant, un parc solaire de 40 MWT, aussi obtenu de la Chine, devra couvrir le besoin énergétique de la province. Lors d’une mission en 2018 à Pékin, Jinan, Shanghai et Ningbo, nous avons obtenu en tant que province, un accord de relance de la SOKIMO, un accord de démarrage d’études de préfaisabilité pour la construction des chemins de fer des Uélé, un programme de relance de la filière café-cacao, un plan d’asphaltage des 1,700 km des routes nationales et provinciales qui serpentent le Haut-Uélé.

  1. Je suis encore une fois tenté de dire qu’il n’appartient pas à une province de relancer des entreprises publiques du portefeuille. Et de toute façon, ou trouverez-vous tout cet argent pour de si gros investissements ?

Tout gros investissement ne nécessite pas forcément un fonds de démarrage de la part du bénéficiaire. Le fonds chinois, comme bien d’autres, est disponible. C’est à nous de proposer un montage attractif aux partenaires, un montage qui ressort clairement la rentabilité des projets assorti d’un business plan indéniablement concluant sur base d’une cogestion gagnant-gagnant. Un barrage hydroélectrique est absolument rentable. Mais il doit faire partie de plusieurs composantes : des usines et des entreprises. La relance de la SOKIMO procède aussi à ça, mais aussi et surtout à créer un hub industriel à l’instar du géant Barrick pour que la province bénéficie de plus de redevance. A leur tour, les industries auront besoin des routes qui se remboursent par un bon système de paillage. Ces routes permettront également d’évacuer les productions agricoles vers les centres de consommation et de transformation. Et toutes ces transactions ont besoin des banques. Ceci est à titre exemplatif. C’est donc faisable car toutes ces ingrédients sont à présents disponibles. C’est une question de vision et de planification.

  1. Mais il semble que vous avez laissé une ardoise impressionnant à la province.

Ne me parlez pas que des passifs. Toute gestion a ses passifs et ses actifs. Du moment que les actifs sont supérieurs aux passifs, alors il n’y a pas péril en la demeure. Lorsque je narre les mérites de la gestion LOLA KISANGA, vous ne vous posez pas la question d’où venaient l’argent pour réaliser tout cela ? Sachez tout d’abord que la première année n’a été que pour l’installation des institutions de la Province, ainsi que de la fonction publique provinciale, assortie de ses services publics provinciaux. Vous n’avez aucune idée de ce qu’était Isiro à notre arrivée ! Nous y passerons toute la nuit à vouloir vous donner tous les détails. Notez ceci : alors qu’au premier mois de notre gestion, Avril 2016, on avait enregistré que quelques 7.500 dollars américains de recette provinciale, nous avons laissé à notre sortie une santé économique et financière enviée de plusieurs autres provinces de catégorie C. Toutes ces réalisations avec quelle ressource mensuelle ? Seulement 300.000 dollars américains par mois de redevance minière payée par la multinationale Kibali Glodmines qui exporte ce jour quelque deux tonnes d’or le mois. En fait, une précision de taille : Kibali payait la totalité de ses assujettissements auprès du Pouvoir Central qui, à son tour nous rétrocédait les 300.000 dollars mensuels. Si nous prenons le standard de la banque mondial du cout d’une route en terre battue de 70.000 dollars au kilomètre pour les 1.700 km des deux routes nationales RN 25, RN 26 et la Route Provinciale 426, savez-vous combien de temps cela prendrait-il pour construire nos routes là avec comme recette mensuelle 300.000 dollars ? Il faudrait 33 ans ! Je dis bien 33 ans ! Maintenant, que représentent ces 300.000 Dollars en 24 mois de paiement à partir de la deuxième année ? Un petit 7 millions de dollars.

Pensez-vous c’est avec ça que nous avons réalisé toutes les prouesses que vous appréciez ? Impossible ! D’ailleurs les gens de mauvaise foi allèguent même que LOLA KISANGA est parti avec plus de 28 millions de dollars. Comment une province qui n’a produit que quelques 7 millions peut perdre plus de 20 millions ? Franchement, discours politiciens ! Toutes nos dépenses sont rétractables.

Nous sommes la seule province qui a rendu public son rapport de remise-reprise. Laissez-moi vous dire qu’à notre époque au moins il y avait le contrôle parlementaire, des séances régulières de redevabilité citoyenne devant la société civile, les missions de la Cour de Compte nous inspectaient, la chaine de la dépense était fonctionnelle, les avis du Conseil Economique et Social, etc. En témoignent les différents rapports des sessions de la Conférence des Gouverneurs. Ecoutez, les gens ont cru en nous et ont donc accepté de prendre le risque de nous accompagner, au nombre desquels figurent la Rawbank, la BCDC, la RVA, la REGIDESO, la SNEL, Congo Airways, l’Office des Routes, l’OVD, la société chinoise CREC 7, la société Inter Oriental Builders, Doko Cleaning and Maintenance Services, ainsi que des particuliers, qui ont placé leur argent pour exécuter en préfinancement notre plan multisectoriel de gouvernance, dont les prévisions s’étalent sur des   décennies.

Nous sommes à près de 20 millions de dollars de dette issus des travaux, avec 4 millions de dettes sociales, prenant en compte les arriérés des salaires, les frais d’installations et les indemnités de sortie. Savez-vous que la première année, personne n’a été payé ? C’est même ça le sens d’un travail des pionniers. Mais maintenant sous le régime du nouveau Code Minier, la redevance est retenue en province dans la totalité de ses 40%, dont 25% pour la Province et 15% pour les Entités Territoriales Décentralisées affectées par l’exploitation de Kibali Goldmines – Barrick. Que devra faire cet argent aujourd’hui ? N’est-ce pas le quadruple de nos réalisations ? Encore que toutes les institutions sont déjà en place et fonctionnelle ? Même la Cour d’Appel installée aux frais de la province. Imaginez ! Aujourd’hui, la redevance minière approche les 2 millions de dollars par mois, sans compter les autres ressources propres de la province issues des actes activés des taxes, impôts et redevances reconnus à la province. Ce qu’il faut d’ailleurs savoir, c’est que nous étions déjà dans les démarches auprès du Pouvoir Central pour le remboursement de toutes nos ressources dépensées pour exécuter les travaux dévolus au seul Pouvoir Central, comme le veut la Constitution de la République dans sa répartition des compétences aux articles 201 à 206. Si cela devenait trop à demander au Gouvernement de la République, on recourrait alors à des compensations, de sorte que ces ressources restituées soient reversées à d’autres investissements, notamment les capitaux des dix entreprises du portefeuille provincial en création peu avant notre départ. On aurait eu une société provinciale minière principalement de l’or, une autre de transport multimodal Air-route-rail-fleuve, une autre encore de l’agrobusiness, aussi de l’énergie, etc. D’ailleurs s’agissant de l’exploitation aérienne, le Haut-Uélé avait souscrit d’entrer en capital chez Congo Airways, laquelle demande a même été approuvée en Conseil d’Administration. Une première en RDC. C’est long à expliquer mais en même temps passionnant. Mais dommage !    

 

  1. Comment était structurée la planification de vos actions et pour quel résultat ?

Primo, en arrivant, il fallait créer et installer les institutions provinciales et les services connexes de gestion, de sorte à rentabiliser, via un arsenal juridique provincial, d’abord les ressources financières propres disponibles qui émargent dans la nomenclature des taxes, impôts et redevances dus à la province. Ceci permettrait de lancer les travaux dits « micros », relatifs au fonctionnement des institutions, à l’assouplissement et à l’amélioration des conditions sociales de la population : Ouvrir les routes pour acheminer les produits de première nécessité en faire ainsi baisser les prix des denrées. Soit dit en passant que le sac de ciment gris de 50 kg coutait 55 dollars en 2016. Restaurer la desserte en eau courante par la REGIDESO et rétablir la fourniture de l’électricité par la SNEL. Lancer les vols commerciaux de la compagnie aérienne nationale. Ouvrir les banques. Enfin rétablir l’autorité de l’Etat en mettant en respect tous les groupes armés qui pullulaient dans la zone. Doter les services publics des moyens de transport. Tout ceci était intitulé « petits projets » pour les deux ou trois premières années.

 

PSecundo, viennent ensuite les grands projets à la troisième année. Il était prévu la construction d’infrastructures modernes devant abriter les institutions provinciales qui, jusque-là, étaient logées dans des bâtiments privés : Immeuble de l’Assemblée Provinciale, Immeuble du Gouvernement, Immeuble bureau du Gouverneur. Mais aussi construire des infrastructures hôtelières et viabiliser les sites touristiques : Trois hôtels 3 étoiles dans la ville d’Isiro. Asphalter la voirie urbaine de la ville d’Isiro et parachever la pose de l’éclairage public. Construire une nouvelle aérogare pour l’aéroport d’Isiro-Matari et poser le balisage sur sa piste, moderniser le stade d’Isiro pour le hisser à 20.000 places, parachever les routes nationales et celle provinciale en construisant des dalots et des réfectionner le reste des ponts. Installer un parc solaire de 40 MWT dans la zone minière de Watsa pour vendre le courant aux entreprises minières et rehausser ainsi le niveau de l’assiette fiscale de la province. Moderniser l’agrobusiness autour de la culture du Café, du cacao, de l’huile de palme, du coton, du caoutchouc, du verre à soie, des céréales, Informatiser la perception des taxes provinciales, etc.

Tersio, entamer à la cinquième année les « mégas travaux » la construction du barrage hydroélectrique de Nadumbe à Nepoko, dans le Territoire de Rungu, pour une capacité énergétique de l’ordre de 150 MWT. Parachever l’aéroport national de Dusu à Watsa, Asphalter les 1.700 km des routes RN 25, RN 26 et RP 426. Entamer le programme immobilier à grande échelle, Etc.

  1. N’est-ce pas trop ambitieux ? Au risque d’une démagogie ?

Puis-je vous poser une question ? Connaissez-vous le budget du petit Rwanda en 2019 ou de l’Ile Maurice ? En Euro c’est 2,9 milliards pour le premier et 4,28 milliards pour le suivant ! le premier n’a que 26.338 km2 et le second 1.865 km2. Que dire de leurs richesses ? Le premier a l’agriculture, industrie et le commerce des biens et services, pendant que le deuxième n’a que l’agriculture, l’industrie et le commerce des services lui aussi. Et le Haut-Uélé ?  89.683 km2 de superficie ! Richesses ? Innombrables. Budget ? Le budget 2019 que l’Honorable LOLA KISANGA a laissé hauteur de 131,300 milliards de francs congolais, soit quelques 75 millions de dollars américains. Très modique n’est-ce pas ? Mais pour un début c’est compréhensible. Savez-vous qu’avec 2 millions de dollars américains de recette mensuelle, la Province du Haut-Uélé est capable de lever des fonds à hauteur de 1,2 milliards en cinq ans ?

C’est pour cette bonne raison que nous nous sommes hâtés, après avoir ouvert des banques dans la Province, nous avons obtenu la signature d’un Protocole d’Accord avec le Fonds de Développement Chine-Afrique, le CAD-FUND. Une première au monde avec cette structure qui ne signe qu’avec les états. Mais encore une fois parlant de confiance et de conviction, les gens ont cru en LOLA KISANGA pour oser tenter une expérience que nous savions fructueuse, compte tenu de nos paramètres comparés aux standards chinois. Le Haut-Uélé serait donc un projet pilote de ce financement innovent. Outre le financement des projets propres à la province, cette institution financière de la Chine devra injecter un important fonds d’investissement dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures, de l’énergie et des mines. D’où la présence du Directeur General de la SOKIMO dans la délégation de 2018 en Chine. Y était aussi un représentant de la Direction Générale de la SNEL. Ce ne sont pas des paroles en l’air, mais plutôt tout un programme bien ficelé et prometteur. Si le Haut-Uélé peut lever un flux financier d’investissement de l’ordre de 1,2 milliards de dollars en 5 ans, qu’est-ce qui explique alors que la RDC ait un budget de 11 milliards ? Combien des « Haut-Uélé » n’y a-t-il pas dans ce pays ? Par extrapolation simple, notre budget national doit être raisonnablement autour de 40 milliards. C’est faisable.

  1. Monsieur Kodravele, quel âge avez-vous ? Et qu’est devenu Dr LOLA KISANGA ?

Aujourd’hui LOLA KISANGA est Sénateur et Président de la Commission Sénatoriale Permanente en charge des Relations avec les Institutions Provinciales et les Entités Décentralisées. Il est une maestria disponible. Entretemps, nous avons organisé une consultance internationale susceptible de faire profiter toute la République de notre expérience. S’agissant de mon âge, j’ai 39 ans. Pourquoi ? En effet, je vous comprends. Aux âmes bien nées, dit-on…

  1. Quelles sont vos relations avec la nouvelle équipe à la tête de la Province du Haut-Uélé et quelle est, selon vous, la qualité de travail du Gouverneur Christophe Nangaa ?

Dans la nouvelle équipe, j’ai beaucoup d’amis. Le Gouverneur m’avait, dès son accession au pouvoir, demandé de rejoindre l’équipe qu’il mettrait en place. Mais j’ai opté à l’abstention pour des raisons personnelles. Cependant la gestion actuelle me préoccupe tout de même car, le style a changé, non seulement sur la forme, mais aussi et surtout sur le fonds.

  1. Que voulez-vous dire par là ? Qu’est-ce qui ne va pas ?

Il semble que le temps est l’autre nom de Dieu. Laissez-le vous répondre. Qui vivra, verra.

  1. Monsieur Kodravele, je vous remercie.

Dr Jean-Pierre LOLA KISANGA : Décidé de porter même la Société des Mines d’Or de Kilo-Moto dans leshautes sphères financières du monde pour garantir sa relance. La vision aux allures futuristes était très grande, la barre très haute pour un Gouverneur de Province et, par conséquent, incomprise. Question de temps ! Wait and see.

 

C’est moi qui vous remercie.

 

 

Droit à la vérité

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *